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mardi 13 décembre 2016

JULIA EST DEGOÛTEE......! Coup de gueule.






L'exposition de Julia avait nécessité des milliers d'heures de travail, beaucoup d'imagination et la compétence d'une équipe extraordinaire. Elle voulait pour cette petite ville de province le meilleur et surtout en cette période d'avant Noël où jamais rien ne se passe au  grand désespoir des petits et des grands.

Elle avait travaillé jusqu'à l'épuisement sans se plaindre. L'équipe était très souvent en sous effectif mais qu'importe!  Avec un peu de courage, de la détermination on arrive toujours à faire des merveilles.



L'imagination il en a fallu mais elle en débordait!  Quelle joie de créer, de prendre une pièce de bois d'un autre siècle et d'en faire un nouveau meuble. De le façonner,  de le modeler à votre idée afin d'en faire au final un meuble nouveau qui a un nouveau style,  le vôtre. Une bonne équipe qui travaille avec vous la  main dans la main, pour aboutir tous ensemble à  des merveilles... quelle joie ! Quel bonheur ! Envolée la fatigue mais place à l'adrénaline qui monte, monte dans l'attente de cette expo qui  montrera ces oeuvres conçues avec tant d'amour.

Alors vous êtes fébrile en préparant la scénographie qui mettra en valeur ces meubles sortant de votre imaginaire pour dévoiler au public ce travail immense.Vous envoyez des centaines d'invitations et là c'est la déception ; les parlementaires doivent se montrer ailleurs où ce sera plus porteur pour eux, des rubans à couper, des mains à  serrer mais surtout pas de meubles à admirer car eux ne votent pas.  Et puis pas la peine de s'excuser ils sont au dessus de ça...A part l'un d'entre eux!

Des personnalités qui ne se déplacent pas car acheter des meubles faits à la chaîne sont leur préférence.  Le travail bien fait, le made in France, ils en parlent mais ce ne sont que des paroles. 
Pourquoi tant de bêtise chez ces gens qui osent donner des leçons aux Français ? Pourquoi tant de bêtises chez des gens qui font les lois ou qui dirigent le pays où certaines villes ou villages ?  Pourquoi autant de bêtises chez des dirigeants, des bourgeois qui d'un revers de main, vont détruire vos espérances?  



Autant de questions que se posait Julia. Mais une chose était certaine, plus d'exposition dans un milieu qui a 20 ans de retard sur d'autres pays européens. 


Julia travaillait pour cette ville sans rémunération depuis 17 ans, sans reconnaissance mais quelle joie de créer avec une telle équipe ! Montrer vos idées que certains vous volent sans scrupule et sans talent passe encore mais que l'on n'achète même pas pour nous permettre de travailler plus décemment car nous manquons cruellement de machines et d'outillages, est une chose inadmissible, cruelle. Des larmes de désespoir et d'incompréhension coulaient sur les joues de Julia en ce lendemain d'expo. Elle oeuvrait pour une bonne cause mais entourée de personnalités égoïstes au possible. Leur propre cause primait avant celles des autres pensait-elle, qu'elle terrible mentalité que celle de ces gens qui, ne comprenaient rien à la solidarité à l'entraide,  à l'art,  pourtant, eux ne connaissaient pas la crise mais étaient déjà partis pour la plupart d'entre eux à la course à la promotion!  Pour être ministre ? Président ? Calife à la place du calife ?

Tout cela est triste et lamentable.  La France, ce beau pays est une véritable pépinière de gens de talent ignorés par des ignares...Qui ne pensent qu'à leur propre nombril !











Photos et modèles Geneviève Lecoeur-Tréhet (Tous droits réservés)

lundi 8 décembre 2014

JULIA et son pari insensé...!

L'âme humaine est complexe, si complexe...Pensait Julia








En cette fin d'année, elle revoyait son parcours au sein de cette structure qu'on lui avait confié il y a maintenant presque deux ans. Il est vrai, qu'au début, après avoir visité le magasin et l'entrepôt, elle y avait été à reculons...Comment, se disait-elle, faire de cet endroit, un endroit qui n'aurait rien à voir avec les autres ? Un endroit qui vaudrait le détour ?

Le pari était osé. Le travail immense. Ses compétences de créatrice, de décoratrice pouvait lui être utile car elle avait l'oeil avisé. L'équipe présente à ce moment là était probablement courageuse mais le personnel était sous-évalué. Une écocyclerie n'est pas seulement un endroit où l'on reçoit des meubles, des objets de décorations et de l'électroménager qui ont fait leur temps, c'est aussi le meilleur moyen de les revaloriser, de leur donner quelque fois même une autre fonction, un autre aspect, une autre couleur. Enfin, vous aurez deviné, les moderniser. Ayant ce but en tête, Julia savait que parallèlement, il faudrait "valoriser" le personnel. Leur donner l'envie d'avoir envie. Les regarder travailler pour savoir ce qui les motivait, ce qui les ferait se dépasser. C'était ça son but ; embaucher si les ventes le permettaient mais pas n'importe comment et pas n'importe qui. Ce que Julia voulait c'était que les plus anciens transmettent aux plus jeunes. Que la passion motive ces hommes et femmes et tout cela dans la bonne humeur. 

Elle avait placé la barre haute, elle en était consciente mais c'était cela ou rien. Elle avait réussi à monter une équipe mais cela n'avait pas été sans faire grincer quelques dents...Le changement fait toujours peur. C'est comme un saut dans l'inconnu pour certaines personnes. L'équipe semblait lui faire confiance mais Julia était persuadée que sans réelle communication, elle ne réussirait pas à faire comprendre que ce qu'elle faisait, était pour le bien, non seulement de ces employés, de leur présent, avenir mais également pour le bien de la communauté. Encore aujourd'hui, beaucoup de gens, n'osaient pas franchir la porte du magasin car ils pensaient que du moment où c'était "chic" c'était obligatoirement cher. Comment expliquer que chaque objet était unique, fait à la main, alors qu'ils allaient acheter dans des enseignes qui importent de Chine ou autres pays en quantité industrielle ? 

Julia rêvait du jour où des personnes comprendraient enfin sa démarche et viendraient en nombre faire de bonnes affaires tout en achetant le travail de menuisiers, ébénistes et tapissiers de valeur...
La reconnaissance donne des ailes aux bons artisans et les aide à se dépasser davantage. Julia l'avait compris depuis longtemps, elle qui l'avait toute sa vie cherchée. Alors, elle avait décidé de s'occuper des laissés pour compte. De montrer qu'ils pouvaient être des gens d'exception mais à toute médaille il y a un revers et ces derniers temps, elle avait compris qu'à mettre trop en avant certains qui étaient avant son passage, dans l'ombre, ils pouvaient finir par faire des caprices de stars...Julia avait montré la route, avait pris des risques. Elle avait conseillé gentiment afin d'avoir le résultat escompté, c'est à dire le beau, le "chic sans ostentation" mais aujourd'hui, il semblait que les meubles se faisaient sans son consentement et malheureusement n'étaient plus dans l'esprit qu'elle s'était fixée. Mais elle avait bon espoir que cela change...!

Julia avait dû accepter que se crée une association pour abriter cette structure afin qu'elle puisse perdurer. Mais l'administration est lourde et lente et elle avait dû se battre sur tous les fronts sans que ces employés puissent savoir à quel point elle les protégeait. Pendant ce temps elle était peu présente et n'ayant toujours pas de bureau, devait travailler chez elle pour faire la communication sur une page Facebook, sur son compte Twitter et sur son blog.

Julia pensait tristement que l'âme humaine est bizarre, peu reconnaissante et se demandait si un jour tous ses efforts aboutiraient à quelque chose. Il n'était pas rare que ces derniers temps, elle souhaite ardemment qu'une personne connue s'intéresse à ce travail et le fasse connaître par sa seule présence...Mais c'est encore un doux songe d'une douce artiste.





Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)


mardi 11 novembre 2014

JULIA et la GRANDE GUERRE de 14-18...!

Julia, bien au chaud, regardait les commémorations des cent ans de la Grande Guerre de 14-18...








En attendant la venue du Président, les médias meublaient, en passant les témoignages des arrières petits enfants de gens illustres ou illustres inconnus...
Il est intéressant de constater que cette guerre "oubliée" au profit de la seconde guerre mondiale, suscite aujourd'hui, tant d'intérêt. Une guerre où tant de jeunes trouvèrent une mort atroce dans des tranchées insalubres ; gazés, mutilés, fusillés...Le sang de nos ancêtres courageux, versés dans un conflit dont les motifs restent pour le moins flous. Oubliée dans les méandres de la vie politique qui a ses raisons que la raison ignore. Mais, peut-être aussi, parce que ces hommes, ceux qui sont sortis de cet enfer, vivants, n'avaient pas envie de se raconter, par pudeur, probablement...!

Chaque famille Française, a le souvenir d'un parent qui a été acteur, malgré lui, de cette guerre. Julia se souvient d'un grand-oncle pas comme les autres quand elle n'était qu'une petite fille. Il portait une grande moustache grise qui était toujours en mouvement sur un visage heureux. Son rire résonnait encore aux oreilles de Julia. Un personnage haut en couleur, qui avait marqué un pan de son enfance. Pour autant, il ne parlait jamais de cette étape de sa vie. Il avait vu trop de ses camarades tomber, trop d'atrocités et pensait, à juste titre d'ailleurs que cela n'était pas des récits à raconter à des enfants.
Il avait aussi vécu la seconde guerre mondiale et avait hébergé dans sa jolie maison, une artiste qui, pour le remercier, avait peint sur les boiseries des paysages et des roses d'une beauté incomparable...

Julia se souvenait de l'univers enchanteur qu'il s'était créé. Un univers qui prenait pour elle des allures de paradis dans un jardin aux mille senteurs et couleurs qui descendait jusqu'à la rivière... Les groseilles côtoyaient les framboises, les fleurs, les légumes. Quelques plantes exotiques et la vigne, prônaient dans la serre. Une grande allée permettait de circuler dans ce merveilleux endroit.

Entre l'intérieur et l'extérieur de cette maison, Julia était aux anges. Elle se sentait bien dans cet univers qui reflétait indubitablement la vie, la paix et l'espoir...


Aujourd'hui, Julia se remémorait le message laissé par Charles KUENTZ 

"Aux générations futures, je dirais : soyez les messagers de la paix...Soyez les passeurs de la mémoire de la Grande Guerre, car cette tragédie ne devra jamais être oubliée. Sinon elle risque de recommencer."






Photo et carte postale Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)

samedi 11 octobre 2014

JULIA serait-elle désabusée ?

La campagne normande était magnifique...Les ocres, orangés et rouges semblaient être le bouquet final offert par la nature avant son hibernation. 






Julia aimait cette saison éblouissante de couleurs et de senteurs malgré sa nette préférence pour la renaissance de la nature. Les petits bourgeons effleurés par le frisson léger du vent. Le vert tendre des feuilles des arbres. Les premiers émois des oiseaux qui vont par deux...le printemps quoi !  

Mais pour l'heure, Julia était préoccupée par son association qui émergeait trop lentement à son sens. L'administration Française est d'une lourdeur et d'une lenteur qui donne envie parfois de partir en courant, laissant derrière soi toute la bonne volonté dont vous pouvez faire preuve.
Julia, était indiscutablement courageuse et passionnée, elle voulait tant faire et même trop faire mais le chemin se révélait long et sinueux. Comment, se disait-elle, créer un concept, somme toute, intéressant pour le plus grand nombre quand rien ne bouge à l'horizon. Pourtant, les dons de meubles usagés, de pièces de décoration arrivaient maintenant de manière régulière. Les gens avaient l'air d'avoir compris le travail effectué avec sérieux dans cet endroit par une équipe soudée et talentueuse. 

La clientèle nombreuse venait surtout de Paris et d'Angleterre. Les prix proposaient ailleurs, pour des meubles refaits à neufs ou créés sur place, manuellement, étaient prohibitifs. Julia, avait veillé que ceux qui sortaient de son entrepôt soient à des prix ne dépassant pas 400€ pour les plus grosses pièces. Néanmoins, les gens du cru voulaient tout à "dix" euros et les dit "notables" préféraient acheter plus cher ailleurs que d'aller dans cet endroit qu'ils voyaient comme une succursale de la déchetterie !

L'âme humaine est complexe et l'âme humaine Française n'est pas du genre philanthrope. La France, pourrait être le plus beau pays du monde si le "tous ensemble" était dans les moeurs mais ce n'est pas le cas. Julia en était là de ses réflexions. Son visage réfléchissait son impuissance devant tant de bêtise humaine. Elle avait pourtant tant donné d'elle même dans cette aventure ; pas de salaire, le don à l'association de beaucoup de ses meubles, de ses objets de décoration...Elle aimait aider et conseiller ceux qui le lui demandaient. Elle se battait pour que la communication passe et que sa structure soit enfin reconnue à sa juste valeur. Elle pensait que ses connaissances la suivraient en donnant l'exemple mais aucun des élus, amis, "notables" n'avaient franchi la porte de l'atelier... A quoi cela servait-il d'être compagne d'un Maire si ce n'était que pour ne pas être rémunérée. Pourquoi ne pas en avoir également des droits et non uniquement des devoirs ? pensait-elle.

Julia n'avait pas l'intention de laisser tomber son association car des emplois dépendaient d'elle. Cependant, tout pourrait être si simple avec un peu plus de bonne volonté de la part de gens qui refont le monde dans leur salon, un bon cru dans leur verre mais qui détournent la tête dés que l'on parle d'y mettre de soi...! 

Malgré, le soleil qui inondait maintenant l'intérieur de sa maison, elle frissonnait mais pas de froid, de dégoût ! Heureusement, à l'instar de cette citation de STENDHAL, Julia pensait que " La vocation, c'est avoir pour métier sa passion" 






Photo geneviève lecoeur (tous droits réservés)

vendredi 1 août 2014

Julia et la "nuit des étoiles"...!

La nuit des étoiles...Enfin, plutôt 3 nuits où tous les rêves et tous les voeux seront permis...

Le regard perdu vers le ciel de Normandie surchargé de nuages, Julia voulait croire qu'elle pourrait tout de même voir ne serait-ce qu'une étoile filante afin de formuler un voeu. Mais déjà le voeu semblait se réaliser ; les nuages s'écartaient pour faire place à quelques étoiles éparses et Julia se tordait le cou en scrutant le ciel. Quelle belle nuit, si douce, si légère et propice aux rêves les plus fous, les plus utopiques. 

Soyons fous, rêvons à des jours meilleurs. Rêvons à la paix dans le monde et à la joie dans les coeurs, pensait-elle...
Elle savait qu'au même moment des milliers si ce n'est des millions de gens passaient la nuit à la belle étoile et c'était une sensation fort agréable de se savoir pas seule pour une fois, à lever le nez vers un ciel étoilé.

Le temps passait et Julia ne sentait pas la fraîcheur de la nuit qui donnait à ses bras l'apparence de la "chair de poule." Ses chiens à ses côtés, elle se promenait dans les allées de son jardin et se tenait prête à faire un voeu pour le cas où une étoile filante zébrerait le ciel de sa belle Normandie. En vain !

Ses paupières commençaient à se faire lourdes et Julia pensait très justement que c'était plutôt le "marchand de sable" qui venait de passait...Tant pis pour le voeu, ce sera pour demain...peut-être ! Pour l'instant, ses chiens à sa suite, elle regagnait sa maison où un bon roman l'attendait. Et d'ailleurs les étoiles, elle les voyait briller tous les jours dans les yeux de ses merveilleux compagnons à quatre pattes.




Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)


dimanche 13 juillet 2014

JULIA et la bêtise humaine...!

Il a plu toute la nuit. Le jardin de Julia retentit des chants de petits oiseaux qui sautillent de branche en branche, entonnant un hymne à la nature, étrangement beau, étrangement paisible. 






Julia s'émerveillait devant ces oiseaux qui rendaient ainsi hommage à la beauté de cette nature qui les entourait. Ils savaient goûter chaque seconde de leur vie malgré tous les dangers qui les guettaient. 
L'homme, quant à lui, détruisait, saccageait, ruinait, tuait sans vergogne au nom de la religion ou de l'argent depuis des millénaires mais nous étions en 2014 et le rythme de la bêtise humaine semblait s'accélérer de plus en plus dans tous les pays du monde. Il semblait que ce monde était arrivé à son terme pour peut-être en créer un autre ; l'éternel recommencement, en quelque sorte. 

De grandes civilisations, tout au long des siècles s'en sont allées après avoir été à l'apogée de leur savoir. Disparues dans les méandres de l'histoire de la terre. Laissant quelquefois des vestiges mystérieux pour l'homme d'aujourd'hui...

Dehors, la pluie s'était remise à tomber et les oiseaux ne chantaient plus. Julia, perdue dans ses pensées, imaginait ces civilisations que l'on savait, dotées d'un grand savoir technologique mais qui restaient néanmoins mystérieuses et datant au moins de 4000 ans avant JC. Encore aujourd'hui, beaucoup de chercheurs aimeraient en savoir davantage... 
Il y a aussi les civilisations datant de 3000 ans avant JC comme l'Egypte qui avait fait de la femme l'égale de l'homme.

La civilisation Chinoise qui fascine par son grand savoir dans le domaine de la culture, de l'art des jardins, de l'architecture, des arts martiaux, de l'industrie, des sciences et technologies...C'est une des plus anciennes civilisations.

Celles des Incas, des Aztèques, celle des Grecs qui est, rappelons-le, le berceau de la "démocratie", des Romains, des Perses... Toutes ces civilisations fascinent et pourtant elles ont toutes vécu la grandeur puis la décadence. Notre civilisation serait-elle en plein déclin ? pensait Julia. Tout le laissait croire. Depuis quelques années déjà, l'argent et le pouvoir habitaient les hommes qui le siècle dernier étaient des passionnés, des chercheurs. 
Les milliardaires fleurissent sur tous les continents et très peu d'entre eux sont à l'image de Bill Gates, un philanthrope ; on ne partage plus et le fossé entre les riches, très riches et les pauvres se creuse de manière abyssale. 

On ne compte plus, aujourd'hui, les pays mis à feu et à sang pour un bout de terrain ou au nom de la religion. Serait-ce un éternel recommencement ? se demandait Julia perplexe et attristée. 

Comment ne pas aimer cette terre ? Amèrement, Julia pensait que ceux qui payaient le plus lourd tribut étaient les enfants et les femmes. Des êtres innocents sacrifiés sur l'autel de la bêtise humaine... 






Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)





lundi 7 juillet 2014

JULIA et les vacances...!

Le soleil faisait chanter les oiseaux de contentement. Le jardin de Julia, tel un joyau vert invitait à une détente précieuse et méritée...






Cela faisait maintenant des années que Julia ne voyageait plus. A quoi bon, se disait-elle, rien ne sera plus attrayant, plus excitant, plus merveilleux que ce qu'elle avait déjà vu, vécu depuis sa naissance. Elle savait qu'il restait des endroits comme Bali qui s'ouvrait maintenant au monde et dévoilait ainsi un paradis jusqu'alors préservé de tous. Il n'en restait pas moins qu'elle préférait rêver ses vacances plutôt que les vivre, de peur d'être déçue...

Voyager, découvrir de nouveaux horizons est de loin la meilleure chose qui puisse arriver à tous ceux qui s'attachent à l'histoire et aux us et coutumes d'un pays. Les couleurs, les senteurs, la flore, la faune font également parties du voyage et cela se partage avec une ou plusieurs personnes embarquées avec vous, pensait Julia. La connivence, les débats engagés alors, sont des moments de pure délectation. 

L'histoire de julia, ses souffrances, ses chagrins, ses déceptions ont compliqués passablement sa vie d'aujourd'hui, ne lui permettant plus de se projeter avec qui que ce soit. Elle a quelquefois l'impression de ne pas parler le même langage que tout ceux qui l'entourent. De ne plus être en adéquation avec eux...

Plus d'éclat de rire devant les mésaventures de son mari à L'Ile Maurice, ayant maille à partir avec une chèvre qui le chargeait, ou après avoir tiré, sans faire exprès dans une porte d'hôtel à Tahiti avec un grand arc difficile à dompter...

Plus de rencontres insolites, comme aux Marquises, à Hiva-Oa avec les chasseurs de requins aux cicatrices improbables ou dîner avec un américain qui ressemblait à Indiana Jones jusqu'au chapeau et qui recherchait la tombe de Gauguin... 

Plus de peur d'une nuit de tempête dans le pacifique dans un bateau piloté par les meilleurs marins au monde ; les maoris

Plus de plein de kérosène fait à la pompe à main pour un petit bi-moteur, sur un atoll en plein pacifique...

Plus de plages de sable blanc pour Julia et son mari et eux seuls...

Plus de chefs bédouins pour vouloir acheter Julia à son mari contre des chèvres et quelques chevaux en Egypte...

Julia en avait ainsi plein la mémoire de ces anecdotes de voyages lointains, elle ne pouvait retrouver toutes ces sensations, toutes ces aventures vécues et qui ne se retrouveraient plus dans de banals voyages organisés. Ainsi aujourd'hui, préférait-elle se promener en bord de mer, à quelques kilomètres de chez elle ou se faire masser dans un institut. 

Que recherche-t-on en vacances si ce n'est la détente, l'oubli du quotidien devenu lassant. Le comble pour Julia serait de s'ennuyer profondément en vacances et cela, elle ne le souhaitait pas. Elle préférait continuer de s'occuper de son association même en dilettante et se reposer avec ses chiens dans son merveilleux jardin des milles et une nuits...







Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés) 

samedi 28 juin 2014

JULIA à la clinique...!

Les oiseaux au loin, chantaient le retour de l'été dans le jardin de Julia. Pas un souffle de vent et pourtant la pluie n'avait cessé de tomber toute la nuit. La nature gorgée d'eau, semblait retenir son souffle...






Ses chiens s'étalaient sur les tapis. De temps en temps, une petite truffe apparaissait dans l'encadrement de la porte-fenêtre, humait l'air ambiant et retombait comme épuisée de l'effort. Julia, se détendait en repensant à la semaine qui venait de s'écouler, riche en émotion et en interrogation. Son fils avait eu un accident de bateau avec des amis et s'était cassé la main. Après une semaine d'attente, de consultation, d'opération remise faute de chirurgien devenu "papa", enfin le jour-J était arrivé. 
Arrivés à 10h30, ils étaient repartis à 17h00. Une journée chargée pour les infirmières qui devaient certainement compenser l'absence de leur chirurgien, en début de semaine ; en une journée, il fallait placer les urgences et les RDV. Belle performance d'un corps de métier qui mérite le respect de tous, pensait Julia. 

Julia n'avait pas déjeuné et le petit-déjeuner était si loin...La communication n'est pas le fort des hôpitaux et cliniques. Le chirurgien était parti déjeuner et la file d'attente au bloc était impressionnante. Des fauteuils roulants avec à leur bord, des patients mal à l'aise dans des déguisements en papier de couleur bleu marine à l'exception de la "charlotte" et des "petits chaussons" qui eux, étaient blancs, attendaient. Les uns dormaient ; leurs ronflements étaient audibles de tous...Les autres angoissaient ou faisaient des malaises...Pendant ce temps, Julia attendait en compagnie d'une autre maman venue du centre du département, dans une chambre. Nulle boisson chaude ne fut servi ou même proposée. L'infirmière dira plus tard : "pourquoi n'avez-vous pas été à la cafétéria ?" Julia l'avait regardé, partagée entre le fou-rire et la colère. Elle avait envie de répondre qu'il est difficile de s'absenter sans avoir au préalable des infos claires sur le temps de l'intervention...Mais elle s'abstint de tout commentaire, d'ailleurs, elle n'en avait plus la force ; il était si tard..

La fatigue était grande mais elle avait tout de même fait une jolie rencontre. La maman qui attendait avec elle dans cette chambre, parlait de sa famille avec tellement d'amour et de douceur, pourtant la vie ne l'épargnait pas actuellement, elle en parlait avec légèreté et une pointe de fatalisme qui était désarmante. L'après-midi, avait passé vite et des éclats de rire avaient retenti dans cet établissement aux allures feutrées. Des têtes de soignants étaient apparues à la porte de la chambre en souriant se demandant pourquoi tant de gaieté ? Les échanges entre Julia et cette femme avaient portés sur la politique, la famille, la santé...la vie tout simplement, ponctués d'anecdotes très drôles ou tristes mais racontées de manière si plaisante. 

Julia avait tiré une leçon de ces échanges ; chacun a un fardeau à porter dans la vie à un moment ou un autre. Il suffit de savoir comment le porter. 






Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)

  

samedi 24 mai 2014

La cicatrice de JULIA...!

Dans le jardin, l'enfant était endormi dans son landau, elle dormait comme seuls les enfants savent le faire. Elle se donnait entièrement, en confiance totale avec son environnement calme et serein. Le soleil brillait, la mer tout prés scintillait comme une rivière de diamants. Le chien au pied du bébé, restait pourtant en éveil. Son maître lui avait dit de "garder"... 
Tout à coup, le berger allemand, en alerte, se redressa. Un bruit léger se dirigeait vers son territoire. Et puis, tout se passa très vite. L'individu, un couteau à la main se précipita vers l'enfant. L'animal, aboya, puis pris le poignet de l'homme avant qu'il ne touche l'enfant qui, maintenant s'était réveillé. Elle pleurait. Des larmes de détresse et de douleur coulaient sur ses joues rebondies. Du sang apparaissait sur son bras potelé mais l'animal avait évité pire encore...!

L'homme s'était enfui.

Le lendemain, le brave chien fut retrouvé, empoisonné...!

Julia regardait l'intérieur de son bras marqué d'une longue cicatrice et repensait aux histoires que lui avait raconté sa grand-mère. Ses parents ne voulaient pas en discuter. Inutile d'insister. Elle savait qu'elle ne saurait jamais le pourquoi des choses. Elle ne pouvait que supputer avec le peu d'information que lui avait concédé sa grand-mère. 


Elle pensait à ce pays où elle avait vu le jour. Un pays plein de couleur, d'odeur, de soleil. Cet endroit, ce port stratégique qui appartenait aux Français et qui avait été rétrocédé en 1956 ; un havre de paix. 
La Tunisie, lui inspirait, tout en même temps ; de la peur et de la fascination. Elle n'était qu'un bébé de six mois environ quand ses parents étaient rentrés en France en bateau. Les non-dits étaient pour elle plus graves que si ses parents lui avaient dit pourquoi au coeur des "événements" en Tunisie, la "haine" des autochtones envers les "étrangers" pouvait aller jusqu'à vouloir ôter la vie d'un bébé pour faire fuir les parents Français ? Pourtant ses grands-parents, ne parlaient jamais de ce pays de manière négative. Au contraire, ils y avaient vécu des jours heureux. En France, son grand-père avait dû recommencer tout à zéro mais il ne se plaignait jamais. 

Cette histoire qui aura coûté la vie d'un chien "héros" et la grande peur d'un bébé innocent, était bien loin et Julia voulait oublier malgré cette cicatrice qui lui rappelait insidieusement que l'homme pouvait être mauvais selon les circonstances qui le motivent. 
Elle avait, depuis ce jour, gardé un amour immodéré pour les chiens ; depuis sa naissance, ils l'avaient accompagné sur les chemins sinueux de sa vie et l'avaient protégé comme des anges gardiens.







samedi 29 mars 2014

JULIA PLEURE LA BÊTISE DES HOMMES...!

Les premiers rayons de soleil du printemps, inondent la maison de Julia, donnant ainsi des reflets doux à son intérieur. Toujours en kimono à midi, elle offre un tableau charmant avec ses chiens, couchés à ses pieds... 


Son regard se perd au loin, dans son jardin vers cet arbre qui en est le point d'orgue ; l'eucalyptus ! Il a toujours eu le don de l'apaiser, la réconforter dans les moments les plus difficiles de sa vie ces dernières années...Depuis qu'elle l'a planté sous la pluie et le vent, elle l'a chouchouté, ou bien, c'est peut-être lui ! allez donc savoir !
Le palmier, sakura, magnolia, sapins, bananier, les bambous...ont parfait ce petit coin de paradis qu'elle a voulu serein et néanmoins offrant l'image des paradis exotiques...Enfin, elle a essayé et quoiqu'il en soit, ce petit coin de verdure a pris au fil du temps l'allure d'un havre de paix !

Julia aime ce petit coin de Normandie. La campagne offre des vallons où serpente la Sée, ce joli fleuve gorgé de saumons. Les arbres sont omniprésents ; les sapins, les châtaigniers, les chênes... Mais depuis quelques temps, les tronçonneuses tournent à plein régime et abattent toute cette beauté pour faire place à la désolation...Tout est bétonné, gravillonné, goudronné...afin de donner le moins d'entretien possible aux propriétaires. Les oiseaux viennent se réfugier dans le jardin de Julia qui prend pour eux désormais, des allures d'oasis et semblent lui jouer une sérénade qui la berce d'illusions romantiques.

Julia déplore ce véritable massacre qui ne peut que rendre cette campagne, sans défense. Les vents n'ont plus de barrières et s'engouffrent partout. Les arbres qui restent ne peuvent qu'être fragilisés par cette inconstance chez l'homme. Cette propension à vouloir en faire de moins en moins en mettant à terre ce que la nature avait mis des millénaires à façonner pour les protéger des intempéries !

Elle ne peut s'empêcher de penser avec un frisson, que si elle vendait sa maison, le jardin serait détruit pour faire place à une grande pelouse sans âme mais facile d'entretien. Elle fit un geste de la main vers son visage afin d'essuyer une larme qui glissait sournoisement, sur sa joue ; elle se sentait si impuissante ! 

Julia ne pouvait s'enlever de la tête la citation de Wangari Muta Maathai si juste et cependant si ignorée par l'homme...

« Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l'espoir.  »




Photo Geneviève Lecoeur (tous droits réservés)


LES EPREUVES FORMENT-ELLES L'INDIVIDU ?

  Les épreuves marquent l'individu de manière indélébile autant qu'elles dévoilent ses ressources profondes... Chacun démontre ainsi...